Chants et Poèmes Soufis

Allah
Mohamed
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Cliquer sur le coeur

(Cliquer sur le cœur puis sur les touches de direction SVP)

Écoute, ô bien-aimé!

Je suis la Réalité du monde,

le centre et la circonférence,

J'en suis les parties et le tout.

Je suis la Volonté établie entre le ciel et la terre,

Je n'ai créé en toi la perception.

que pour être l'objet de Ma perception.

Si donc tu Me perçois, tu te perçois toi-même

mais tu ne saurais Me percevoir à travers toi.

C'est par Mon œil que tu Me vois et que tu te vois,

ce n'est pas par ton œil que tu peux Me concevoir.

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Flûte de roseau

Écoute la flûte de roseau

Écoute la flûte de roseau et sa plainte, comme elle chante la séparation:

on m'a coupé de jonchaie, et dès lors ma lamentation fait gémir l'homme et la femme.

J'appelle un cœur que déchire la séparation pour lui révéler la douleur du désir.

Tout être qui demeure loin de sa source aspire au temps où il lui sera uni.

Feu et non vent : tel est le son de la flûte. Périsse qui n'a point cette flamme!

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Conseil

À nul autre que Dieu n'accorde ton amour.

Hors de lui, toutes choses ne sont que pur mirage.

Si tu peux recevoir quelque conseil, voici le nôtre.

Toujours en leur Bien-Aimé sont absorbés les Gens du Souvenir,

Car nul n'a la vie hormis ceux qui sont proches de lui.

De la Vérité, aucun voile ne les sépare.

Que sont alors pour eux les grâces du Paradis?

La passion a fait fondre les serviteurs de Dieu ; ils ont bu

Et boivent encore, Son Vin dans l'Éternité conservé,

Breuvage qui les a ravis à eux-mêmes.

Puisses-tu seulement prendre à leur coupe une gorgée!

Ce serait un moyen de t'approcher de nous.

Le bon serviteur est celui qui répond : "Je suis à Ton Service",

À cet Appel de Dieu que nous lui adressons.

Toi, si tu cherches Dieu, sois notre compagnon :

Tu peux être certain qu'il n'est pas d'autre voie.

Cheikh Ahmed Ben Alioua
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Vous vous êtes emparé de ma raison....

(traduction E. Dermenghem)

Vous vous êtes emparé de ma raison, de ma vue, de mon ouïe, de mon esprit, de mes entrailles, de tout moi-même.

Je me suis égaré dans votre extraordinaire beauté. Je ne sais plus où est ma place dans l'océan de la passion.

Vous m'avez conseillé de cacher mon secret, mais le débordement de mes larmes a tout dévoilé.

Lorsque ma patience est partie, lorsque ma résignation a pris fin, lorsque j'ai cessé de pouvoir goûter dans mon lit la douceur du sommeil.

Je me suis présenté devant le cadi de l'amour et je lui ai dit : Mes amis m'ont traité avec rigueur et ils ont accusé mon amour d'imposture.

Pourtant j'ai des témoins pour mon amour et les maîtres corroborent mes allégations lorsque je viens déclarer :

Mon insomnie, mon amour, mon chagrin, ma tristesse, mon désir, mon amaigrissement, ma pâleur et mes larmes.

Étrange chose ! Je les cherche passionnément de tout côté, et ils sont avec moi.

Mon œil les pleure, alors qu'ils sont dans sa prunelle. Mon cœur se plaint de la séparation, alors qu'ils sont entre mes bras.

S'ils me réclament les droits de leur amour, je suis le pauvre qui n'a rien à lui et sur lui.

S'ils m'exilent dans les prisons du délaissement, je rentrerai chez eux par l'intercession de l'intercesseur.

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Sur les champs de bataille...

Sur les champs de bataille où s'affrontent les regards et les âmes, je suis la victime qu'on peut tuer sans péché et sans crime.

J'ai dit adieu à mon esprit, avant même d'être saisi par la passion, quand mes yeux ont vu ce radieux spectacle.

Pour Dieu les paupières que le désir empêche de se clore ! Pour Dieu, un cœur torturé d'amour !

Et des côtes amincies que le feu de mon foie est sur le point de faire éclater !

Et des larmes si abondantes que, sans le vent brûlant des soupirs, je ne me sauverais peut-être pas de leurs vagues !

Chères maladies qui me font disparaître et seront mes témoins au tribunal de l'amour !

Après une aube triste vient un soir de tristesse, mais je ne crie jamais à cette agonie : cesse !

Je sympathise avec chaque cœur absorbé par l'amour, avec chaque langue qui parle de l'amour,

Avec chaque oreille sourde aux détracteurs de l'amour, et avec chaque œil qui ne se ferme jamais.

Qu'est-ce qu'un amour qui laisse les yeux sec ? Qu'est-ce qu'une passion qui ne donne point l'extase ?

Maltraite-moi de toutes les façons que tu voudras, mais ne t'éloigne pas. Ton ami sera heureux de ce qui te contente.

Prends le reste de ce que tu as laissé de moi-même : il n'y a pas de bien dans l'amour s'il laisse une goutte de sang dans le cœur.

Ah ! qui fera périr mon âme de l'amour d'un jeune faon, au doux caractère, qui se mêle aux esprits !

Celui qui meurt d'amour pour lui vivra parmi les gens de la passion et montera les degrés suprêmes.

Il est voilé ; mais s'il s'en va dans la nuit, son front lumineux servira de flambeau.

Si je m'égare dans la nuit de ses cheveux, l'aurore de son front m'indiquera la route.

Quand il soupire, le musc s'écrie avec reconnaissance : "Mon parfum vient de son haleine."

Les années de sa présence sont aussi courtes qu'un jour et un jour de son absence est aussi long que des années.

S'il s'en va, ô sang de mon cœur, retire-toi ! S'il vient me visiter, ô mon œil, réjouis-toi !

Dites à celui qui me blâme à cause de lui qu'il cesse de me tourmenter et qu'il renonce à ses conseils inutiles.

Le blâme est une bassesse et n'a jamais fait honneur à personne. As-tu vu un amoureux avili pour avoir aimé ?

Ô toi qui as le cœur tranquille, ne jette pas les yeux sur Celui auquel je suis voué ! Épargne ton cœur, évite le trouble jeté par les yeux noirs.

Ô compagnon, je te conseille en ami compatissant et bienveillant ; ne descends jamais dans cette tribu.

C'est là que j'ai perdu toute honte, que j'ai abandonné mes dévotions et mes pèlerinages !

La face de mon amour brille et celle des blâmes est toute noircie.

Béni soit Dieu ! Que ses caractères sont suaves ! Combien ils en ont fait mourir !

Je n'ai pas à écouter celui qui blâme, car lui-même se pâme quand il entend prononcer Son nom.

J'ai pitié de l'éclair qui ressemble à Sa bouche et qui est confus de la blancheur de ses dents.

Quand il est absent, chacun de mes sens le retrouve dans tout ce qui est beau, gracieux et charmant,

Dans la musique des luths et des flûtes, quand elle accompagne des chants mélodieux,

Dans les vallées où broutent en gambadant les gazelles, à la fraîcheur des aubes et des soirs,

Là où les gouttelettes de la rosée tombent sur un tapis tissé de fleurs,

Quand le zéphyr traîne le pan de sa robe et apporte, au petit jour, le plus embaumé de ses souffles,

Ou dans le baiser de la coupe, quand ma bouche collée à ses lèvres, aspire la salive du vin dans un jardin agréable.

J'ignore la nostalgie quand elle est avec moi ; où que nous soyons ensemble, ma pensée est au repos.

La maison est ma maison quand mon ami s'y trouve. Quand il apparaît, je m'élance pour gravir la colline de sable fin.

Heureuse la caravane quand tu es au milieu d'elle ! Elle peut marcher la nuit à la lumière qui émane de toi.

Ils peuvent aller où ils veulent et s'avancer sans crainte ; ils sont les gens de Badr.

Par ma désobéissance à qui veut me détourner de toi et par le feu qui brûle entre mes côtes pour obéir à l'amour,

Je t'en conjure, jette les yeux sur un foie qui se fond et sur des paupières noyées de larmes !

Aie pitié de mes espoirs déçus et renaissants. Pardonne-moi la faiblesse d'avoir désiré une promesse de délivrance.

Aie pitié de l'humilité de mes aspirations. Aie la grâce de soulager mon cœur de ses angoisses.

Bienvenue à celui dont je ne suis pas digne qu'il me visite ! La parole du bon messager, c'est : "Après le désespoir, la délivrance."

À toi la bonne nouvelle ! Enlève ce qui est sur toi. Malgré tes imperfections, il a été question de toi là-bas.

Ibn Al-Faridh (traduction : E. Dermenghem)
مناجات إبن عطاء الله
Tapisserie